Le cumul des mandats, "golden parachute" des hommes politiques ?
Le commentaire très intéressant d'un visiteur du blog sur l'article "Petit au bout pour le roi de pique" concernant le cumul des mandats nécessite une réponse plus approfondie. Tel est le but de cet article.
La France entretient deux fois plus de parlementaires que l'Allemagne et sept fois plus que les Etats-Unis......
"Si je suis d'accord sur le fond, vous conviendrez que sur la forme il y a beaucoup à dire. Certe, le Président BAILLY cumul trois mandats importants,mais ses capacités de travail, et la facilité avec laquelle il "décortique" les dossiers les plus difficiles font de lui un homme au dessus de la moyenne. En tout cas, votre commentaire est des plus partial, et comme vous le dite si bien, il reste aux citoyens le verdict des urnes et sur ce point vous conviendrez avec mois que Gérard BAILLY à toujours été réélu avec une confortable majorité."
Réponse du "blogmaster"
Je ne pense pas être partial mais au contraire réaliste.
Il est presque impossible de penser que monsieur BAILLY puisse "décortiquer" les dossiers les plus difficiles lorsqu'il est au Sénat ou participe aux très nombreuses opérations de relations publiques propres à ses multiples fonctions (50 mandats) afin, comme vous le dites, "d'être élu avec une confortable majorité".
C'est ce que l'on appelle "quadriller le terrain" et "verrouiller" l'électorat.
D'ailleurs, dans sa commune où il est 1er adjoint, aucun conseil municipal ne se tient sans lui. Très récemment les habitants ont été obligés d'attendre 11 mois entre deux conseils municipaux alors que des problèmes importants et urgents sont toujours à résoudre depuis plusieurs années (manque d'eau potable, qualité microbiologique défaillante : 0,2 % des communes du Jura.....).
Un patron d'entreprise pourrait-il se permettre un tel "absentéisme" sans mettre en péril la pérennité de son entreprise ?
Au cours de l'été 2006, la santé de monsieur Gérard BAILLY lui a d'ailleurs clairement rappelée que trop de mandats conduisent au "coup de pompe". Les médias locaux s'en étaient fait l'écho.
En politique, comme ailleurs, lorsque l'on fait trop de choses trop longtemps, on les fait mal. Ce sont en fait les proches collaborateurs (qui eux n'ont pas de mandats électifs) qui "mènent la danse" et qui cantonnent l'élu au rôle de signataire de parapheurs. Le président BAILLY n'échappe pas à la règle. Il nous l'a d'ailleurs montré dans l'émission de F2 sur le cumul des mandats en chargeant dans son véhicule de fonction une caisse de parapheurs à signer.
Mon commentaire n'est qu'une remise en cause d'un mal typiquement français que bon nombre de citoyens commence à sanctionner et qui n'existe plus dans les autres pays démocratiques. Avec une participation record au 1er tour et au second tour des élections présidentielles 2007, les électeurs ont en effet clairement montré leur intérêt pour de nouvelles têtes et de nouvelles idées. "Le vrai pouvoir des urnes" est en marche.
A une époque où l'emploi reste une priorité, 90 % de nos hommes politiques et monsieur BAILLY en fait partie, cumulent plusieurs fonctions électives alors qu'ils n'étaient que 30% au début du siècle. S'il ne cumulait pas, cet élu pourrait contribuer à la création d'au moins trois emplois à "plein temps" occupés par des personnes réellement disponibles payées confortablement.
Malheureusement, il ne faut compter que sur nous-mêmes et non pas sur nos "cumulards" pour faire évoluer un système bien trop avantageux !
C'est pourquoi il est permis d'écrire que le cumul des mandats de nos hommes politiques constitue bien pour eux un "golden parachute". Ils sont d'ailleurs, et à juste titre, les premiers à remettre en cause ceux des patrons d'entreprises privées et non les leurs.
De nouvelles têtes, des mandants électifs uniques limités dans le temps liés à une obligation de résultats, la suppression des ' parachutes dorés" pour nos élus, voilà ce que les français attendent. Ils commencent à le faire savoir par leurs bulletins de vote. L'efficacité de notre démocratie en dépend pour le bien-être de tous et de la dette publique.
Pour un sénateur par exemple (chiffres au 1er février 2007)
Idemnité parlementaire : 6 952,91 € (45 608,10 F)
- Indemnité parlementaire mensuelle brute : 5 400,32 € (35 423,78 F) - Imposable
- Indemnité mensuelle de résidence : 162,01 € (1 062,72 F) - Non imposable
- Indemnité mensuelle de fonction : 1 390,58 € (9 121,61 F) - Non imposable
Un sénateur perçoit en plus un maximum de 2 700,16 € (17 711,89 F) au titre de ses mandats locaux, hors indemnités et avantages divers.
Moyens individuels
Indemnité mensuelle brut représentative de frais de mandats : 6 624,86 € (43 456,23 €) - Non imposable
Moyens matériels
Bureau, informatique, téléphone, affranchissement du courrier, facilités de transport.......
Logement
Des prêts d'aide au logement en région parisienne et dans leur circonscription peuvent être accordés aux sénateurs. La durée maximale de remboursement est de 18 ans et le taux moyen revient à 2 % pour un prêt moyen d'environ 75 000 €.
Retraite
La pension brute moyenne (sans majoration enfant) pour un ancien sénateur est de 3 294,71 € par mois (21 611,88 F)
Cotisation mensuelle 939,64 € (6 163,63 F) pendant les 15 premières années de mandat.
Pour une présence non obligatoire au Sénat, c'est ce que l'on peut appeler un excellent "golden parachute".




